Une femme, un fils, une mission

[134] « Mini-série : Repositionnée. Enfin. » Partie 2

Il y a des prises de conscience qui ne font pas de bruit. Et d’autres qui te remuent au point de ne plus pouvoir faire semblant.

Aujourd’hui, lors de ma séance de coaching professionnel , nous avons travaillé sur mes compétences. La semaine dernière, c’étaient mes valeurs. Cette fois-ci, il s’agissait de mettre des mots sur ce que je sais réellement faire.

Et il y a eu un déclic.

Je ne me voyais pas. Ou plutôt, je ne me voyais pas à ma juste valeur. On a parlé de compétences techniques, académiques…

Mais surtout de compétences transversales. Celles qu’on oublie. Celles qu’on minimise. Celles qui pourtant font toute la différence.

Puis on a abordé mes réussites.

Ce que j’ai construit… sans vraiment le reconnaître

Professionnellement, je pensais « juste faire mon travail ».

En réalité, j’ai fait bien plus que ça.

J’ai recruté une équipe. Je l’ai structurée. Je l’ai accompagnée.

J’ai fait monter en compétences une personne qui n’avait ni formation ni expérience au départ.

J’ai appris à déléguer, à superviser, à faire confiance sans perdre le contrôle.

J’ai piloté mon activité jusqu’à atteindre 100 000 euros de chiffre d’affaires.

Mais surtout… je l’ai fait dans un contexte que j’avais complètement minimisé.

Je venais de perdre ma mère.

Le samedi, elle décède. Le lundi, j’ai un rendez-vous pour finaliser un recrutement.

Je n’ai pas annulé. J’ai continué.

Pas parce que c’était facile. Mais parce que j’avais une responsabilité.

Les semaines qui ont suivi, j’étais en deuil. Et pourtant, j’étais là.

Je pouvais pleurer seule dans mon bureau. Puis essuyer mes larmes et retourner auprès de mon équipe.

Sans jamais faire porter ce que je vivais à mes collaborateurs.

Aujourd’hui, je comprends que ça porte un nom : le leadership. La résilience.

Le travail invisible qui a tout changé

Ensuite, nous avons parlé des réussites personnelles.

Et là, une autre évidence.

Pendant deux ans, j’ai travaillé sur moi.

Je me suis recentrée.

Pas de distractions. Pas de fuite.

Juste moi.

Et mon fils.

Avec une intention claire : lui offrir un environnement que moi, je n’avais pas eu.

Ce travail, personne ne le voit. Mais il a transformé toute ma vie.

Je repense à un moment précis.

À cette période, ma grossesse était pathologique. Je ne pouvais plus travailler. J’avais perdu mon activité.

Je dépendais de mes parents.

Un jour, en préparant le biberon de mon fils, j’ai vu qu’il restait à peine de quoi faire.

Et là, j’ai craqué.

Pas de fatigue. Pas de stress.

De lucidité.

Le lendemain, je suis allée voir mes parents pour qu’ils achètent du lait pour mon fils.

Et ce jour-là, je me suis fait une promesse.

La dernière fois.

La dernière fois que je dépendais de quelqu’un pour subvenir aux besoins de mon enfant.

Et j’ai tenu cette promesse.

Mettre des mots sur ce que je suis vraiment

Mais la plus grande prise de conscience ne vient pas seulement de ce que j’ai fait.

Elle vient de ce que j’entends régulièrement : «  Tu ne te vois pas. Tu ne vois pas ton potentiel. »

Et aujourd’hui ça m’a percutée.

Parce que c’est vrai.

Je fais. J’avance. Je tiens.

Mais je ne célèbre pas. Je ne reconnais pas. Je minimise.

Ce que j’aime vraiment faire (et que je n’assumais pas)

Aujourd’hui, j’ai mis des mots clairs sur ce qui me fait vibrer.

Structurer. Accompagner. Transmettre.

J’aime remettre de l’ordre là où il y a du chaos. Créer du cadre là où tout est flou. Apporter de la clarté là où il y a de la confusion.

Mais surtout, j’aime accompagner l’humain.

Parce qu’un business ne peut pas évoluer si la personne derrière ne le fait pas aussi.

C’est indissociable.

Ce qui me correspond profondément, c’est le rôle de bras droit du dirigeant.

Être celle qui soutient.

Qui organise.

Qui structure.

Qui sécurise.

Celle qui permet à l’autre de se concentrer sur sa vision… pendant que moi, je transforme cette vision en réalité concrète.

Et dans tout ça, il y a un troisième pilier essentiel : la transmission.

Faire grandir. Faire monter en compétences. Rendre les autres autonomes.

Une posture qui change tout

En sortant de cette séance, quelque chose était différent.

Pas ce que je sais faire.

Pas mon parcours.

Ma posture.

Pour la première fois, je ne minimisais plus. Je ne cherchais plus à me réduire.

Et ça change tout.

Ce que je comprends aujourd’hui

Je ne suis pas juste quelqu’un qui travaille.

Je suis quelqu’un qui :

• structure

• accompagne

• développe

• et tient, même dans l’adversité

Et ça, ce n’est pas anodin.

C’est un positionnement.

Et maintenant ?

Cette prise de conscience, ce n’est pas une fin.

C’est un début.

Le début d’un repositionnement.

Le début d’une nouvelle manière de me présenter.

Le début d’un alignement entre ce que je suis… et ce que je montre.

Parce qu’au fond, le vrai problème n’a jamais été mes compétences.

C’était le regard que je portais dessus.