Une femme, un fils, une mission

[141]Bilan de mon troisième trimestre : le trimestre où tout a commencé à s'aligner

Mon année ne commence pas en janvier.

Elle commence à mon anniversaire.

Septembre marque mon vrai point de départ. C’est là que je fais mes bilans, que je redéfinis mes intentions et que je découpe mon année en trimestres personnels.

Du coup, là, fin mai, je termine mon troisième trimestre.

Et honnêtement… quand je regarde ces derniers mois, je me dis : waouh.

Parce que je crois que je ne me rendais pas compte à quel point j’avais avancé.

Pendant longtemps, j’ai eu l’impression d’être dans une espèce de coma. Pas un vrai arrêt de vie évidemment. Mais cette sensation d’avoir plein d’idées, plein d’envies, plein de choses à construire… sans réussir à réellement avancer comme je le voulais.

Avec du recul, je comprends surtout une chose : certains environnements nous éteignent sans qu’on s’en rende compte.

Et quand je parle d’environnement, je parle aussi du lieu de vie, de l’énergie du quotidien, du contexte dans lequel on évolue.

Je crois sincèrement aujourd’hui qu’un environnement peut soit nous soutenir… soit nous maintenir dans une forme de survie permanente.

Quand je suis arrivée dans cette nouvelle région en janvier, je n’avais pas forcément de plan précis. Ce n’était même pas ma destination "idéale" à la base.

Mais cette région m’a apporté quelque chose que je cherchais depuis longtemps : de l’apaisement.

Et ça change tout.

Je me suis installée chez moi. On a pris nos marques. Nos habitudes. Nos repères.

Tout n’est pas parfait. Et honnêtement, ce n’est même plus ce que je cherche.

Avant, j’aurais voulu tout avoir tout de suite. Le canapé parfait, l’appartement parfaitement aménagé, tout nickel immédiatement… quitte à me mettre en difficulté derrière.

Aujourd’hui, je fais les choses step by step.

L’essentiel est là.

Mon fils a son lit. Son bureau. Son espace pour travailler. Ses repères.

Et ça, pour moi, c’était la priorité absolue.

Je préférais dormir sur un matelas au sol mais que lui ait tout ce qu’il fallait dans sa chambre.

Le reste viendra au fur et à mesure.

Et finalement, cette manière plus consciente de construire me procure beaucoup plus de paix.

Je crois que j’ai enfin compris que la stabilité n’est pas un frein. C’est une base.

Ce trimestre a aussi été hyper intense sur le plan professionnel.

J’ai fait un bilan de compétences "express" parce que j’avais besoin rapidement d’y voir plus clair sur la suite de mon parcours. Et honnêtement, ça m’a énormément aidée.

Ça m’a permis de confirmer certaines intuitions, de mieux comprendre mon fonctionnement et surtout… d’oser envisager certaines choses que je gardais dans un coin de ma tête depuis longtemps.

C’est comme ça qu’est revenue cette idée de reprendre un parcours universitaire.

Au départ, je ne suis même pas arrivée dans cette région avec ce projet-là en tête.

Mais plus le temps passait, plus ça revenait comme une évidence.

Alors j’ai commencé à me renseigner.

Et au début, j’ai surtout entendu des "non".

"Il faut un bac+3." "Ce ne sera pas possible." "Vous ne rentrez pas dans les critères."

Sauf qu’il y avait quand même cette petite voix intérieure qui me disait de continuer.

Le dernier appel que j’ai passé a changé beaucoup de choses.

Je suis tombée sur une personne qui, pour une fois, a vraiment pris le temps d’écouter mon parcours au lieu de simplement regarder une case administrative.

Elle m’a orientée vers le bon service. J’ai envoyé mon dossier. Et c’est là que tout s’est accéléré.

Du coup, cette année, je mène deux démarches différentes :

Et honnêtement… ça n’a pas été une mince affaire.

J’ai dû préparer un gros dossier, passer un oral devant un jury, expliquer mon parcours, défendre mon expérience, montrer tout ce que j’avais construit pendant des années en tant qu’entrepreneure autodidacte.

J’ai aussi passé un test Tage exécutif extrêmement difficile. Vraiment difficile.

Le jour où je l’ai passé, je pensais sincèrement m’être plantée.

Mais finalement, il y a quelques jours, j’ai reçu la réponse : je suis admise pour intégrer le master. Et, pour être honnête, le résultat du test m’a agréablement surprise 🙌💪

Et je crois que ce qui m’a le plus bouleversée dans tout ça, ce n’est même pas l’admission.

C’est le fait d’avoir dû regarder mon parcours autrement.

Parce que pendant longtemps, j’ai énormément minimisé ce que j’avais construit.

Quand on apprend seule, quand on entreprend seule, quand on avance hors des chemins classiques… on finit parfois par banaliser ses compétences.

Alors que gérer une entreprise, piloter des projets, prendre des décisions, rebondir après des galères, apprendre en permanence… ce sont de vraies compétences.

Ce dossier m’a obligée à arrêter de me sous-estimer.

Autre chose qui a énormément compté dans ce trimestre : retravailler ma vision.

Je pensais déjà avoir fait ce travail intérieurement. Mais finalement… pas autant que je le croyais.

J’ai lu "La méthode Change ma vie" de Clotilde Dusoulier et ce livre m’a vraiment fait faire un shift.

J’ai retravaillé la cartographie de ma vie à travers ma roue de la vie. J’ai retravaillé ma vision. J’ai clarifié mes priorités.

Alors aujourd’hui, je choisis mes vrais focus. Les domaines sur lesquels je veux réellement m’engager.

Il y a aussi eu une rencontre importante dans ce trimestre.

J’ai rencontré un homme, qu'on nommera Monsieur Flow 😏

Et peu importe ce que cette relation deviendra ou non par la suite, ce n’est même pas vraiment le sujet.

Ce qui compte, c’est ce que cette rencontre a changé en moi.

Parce qu’elle m’a fait comprendre que je n’étais plus attirée par les mêmes dynamiques qu’avant.

J’ai longtemps connu des relations déséquilibrées, des relations où je cherchais inconsciemment chez l’autre quelque chose que je n’avais pas reçu émotionnellement plus jeune.

Alors forcément, on finit parfois par normaliser des comportements qui ne nous correspondent pas.

Et là… c’était différent.

C’était fluide. Simple. Profond. Humain.

Sans jeux. Sans tension inutile. Sans cette sensation de devoir performer ou s’épuiser socialement.

Et ça m’a fait réaliser quelque chose d’important :

je suis capable d’attirer autre chose désormais.

Pas forcément "lui". Pas forcément cette histoire-là précisément.

Mais autre chose. D’autres dynamiques. D’autres types de relations. D’autres énergies.

Et honnêtement, quel bonheur !

J’ai aussi repris le sport.

Et franchement… la quarantaine est bien passée par là hein, je le sens clairement.

Mais je suis fière de moi.

Parce qu’aujourd’hui, je comprends que je ne peux plus me trahir sur ma santé.

Et surtout, je veux que mon fils voie autre chose.

Je ne veux pas qu’il grandisse dans l’ombre de mes frustrations. Je veux qu’il grandisse dans la lumière de mon exemple.

Alors non, ce trimestre n’a pas été spectaculaire au sens Instagram du terme.

Je n’ai pas "réussi ma vie" en trois mois. Je n’ai pas tout réglé. Je n’ai pas vraiment travaillé directement sur mon business, mais tout ce que j’ai semé va clairement servir pour la suite.

Mais en même temps… quand je regarde tout ce que j’ai lancé depuis janvier, je comprends aussi pourquoi.

Je suis arrivée dans une nouvelle région. Je me suis installée. J’ai reconstruit un cadre de vie. J’ai lancé une VAE. Une VAPP. Préparé un oral. Passé des tests. Repris le sport. Retravaillé ma vision. Commencé un engagement bénévole. Et essayé, au milieu de tout ça, de continuer à avancer.

Donc oui. Je crois que ma coach avait raison quand elle m’a dit :

" Naomi, je crois vraiment que vous pouvez peut-être vous foutre un peu la paix maintenant😅"

Et honnêtement ? Elle avait raison.

Parce qu’au fond, ce troisième trimestre ne m’a pas appris à faire plus.

Il m’a appris à respirer un peu. À construire plus consciemment. À arrêter de croire que ma valeur dépend uniquement de ma capacité à produire.

Et surtout, il m’a appris quelque chose d’essentiel :

certaines saisons de notre vie ne sont pas faites pour briller. Elles sont faites pour reconstruire silencieusement les fondations de tout ce qui viendra ensuite.

Petite anecdote : j'avais prévu de publier cet article ce matin.

Et puis la vie a fait que la journée a filé à toute vitesse. J’ai voulu sortir profiter du soleil avec mon fils, prendre le temps de savourer…

Finalement, je l'écris ce soir. Et quelque part, le timing est encore meilleur.

Parce qu'entre-temps, le PSG a décroché sa deuxième étoile.

Alors évidemment, ça n'a rien à voir avec mon bilan personnel.

Mais en tant que supportrice, je ne vais pas faire semblant : ça me fait plaisir.

Du coup, ce troisième trimestre se termine exactement comme il a été vécu : avec beaucoup d'émotions, de gratitude, quelques belles surprises... et une très belle victoire pour conclure.

Franchement, je crois que je n'aurais pas pu imaginer meilleure façon de tourner la page de ce trimestre.