[96]Mon frère, mon complice, mon septembre
Un jour qui traverse le temps
Aujourd’hui, 18 septembre, mon frère aurait eu 39 ans. Pour moi, ce jour n’est pas seulement une date : c’est un rappel, une présence silencieuse qui me traverse, un souvenir qui s’invite dans chaque respiration.
Nous étions tous les deux du mois de septembre, et je crois que cela n’a rien d’anodin. Depuis l’enfance, il y avait cette complicité qui nous rendait inséparables, cette fusion qui nous protégeait du monde et nous rendait uniques l’un pour l’autre.
Mon autre moi
Mon frère, c’était plus qu’un frère : c’était mon autre moi, parfois même mon « enfant ».
En fait, on avait cette complicité où il pouvait tout me dire, sachant que je ne le jugerais pas et que je le défendrais toujours contre vents et marées (même si en privé, je risquais de lui passer une braquée).
Nous avions nos secrets que je taisais aux autres, nos peurs, nos rires… mais il savait que notre lien était unique et inviolable.
Des rituels et des passions partagées
Nous partagions nos rituels, nos passions, nos éclats de joie. Il m’a transmis l’amour du PSG, et chaque match, chaque victoire ou défaite, devenait un moment de complicité, presque sacré.
Nous pouvions parler de tout, nous couvrir, nous soutenir sans avoir besoin de confrontations inutiles. Sa présence était une sécurité, un abri.
Une perte brutale
Sa disparition en 2013 m’a laissée face à un vide que rien ni personne ne peut combler. Et quand ma mère est décédée en 2021, ce vide s’est encore élargi.
Les gestes nécessaires, comme l’ouverture du caveau, ont été d’une brutalité que je n’étais pas prête à affronter. Voir mon frère réduit à ses os, pliés et déposés dans un sachet près du cercueil de ma mère, m’a bouleversée.
C’est un traumatisme que je ne peux ignorer, et que personne ne peut minimiser. Chacun a ses douleurs, mais les miennes sont réelles et profondes.
Un souvenir lumineux
Pourtant, malgré cette brutalité, il reste quelque chose de lumineux dans mon souvenir de lui. Chaque instant passé avec lui est une richesse, un trésor inestimable.
Il m’a appris l’écoute, la patience, le rire, la fidélité dans les liens. Il m’a montré ce que signifie être complice, être vrai, être soi-même sans masque. Et même absent, il continue de me parler à sa manière, de m’accompagner dans mes choix et mes instants de solitude.
Une leçon de vie et de foi
Ce que je comprends aujourd’hui, c’est que Dieu, dans Sa sagesse, place certaines personnes dans nos vies pour nous transformer. Mon frère était un cadeau, un guide silencieux.
Et même si la vie nous a séparés, il reste une part de moi dans laquelle il vit encore. Cette complicité, cette fusion, cette confiance absolue que nous partagions… personne ne pourra jamais l’effacer.
Célébrer les liens
Alors aujourd’hui, je me souviens. Je célèbre ce lien unique. Je célèbre mon frère, notre complicité, notre amour.
Et je veux rappeler à tous ceux qui lisent ces lignes : chérissez vos frères, vos sœurs, vos proches. Ces liens sont des trésors que le temps et la vie peuvent parfois nous arracher. Ne laissez jamais passer une occasion de dire « je t’aime », de rire ensemble, de partager un moment précieux.
Toujours présent dans mon cœur
Mon frère, je pense à toi aujourd’hui et chaque jour. Ton souvenir illumine mes souvenirs, réchauffe mes peines, et guide mes pas.
Et chaque septembre, je me rappellerai que tu étais là, que tu restes là, et que personne ne pourra jamais effacer ce que nous avons été.