[98] Sérénité vs Résilience : Mon apprentissage depuis 2024
On confond souvent résilience et sérénité. Pourtant, ce sont deux réalités différentes.
La résilience, c’est encaisser et rebondir après les tempêtes. La sérénité, c’est rester calme et centré·e au cœur même de la tempête.
Depuis 2024, je n’ai cessé de demander une chose : la sérénité. Parce qu’on demande souvent ce qu’on veut acquérir — la patience, la force, la clarté… Moi, j’ai demandé la sérénité.
Mais demander la sérénité ne m’a pas rendue zen sur le champ. Au contraire, j’ai été assaillie. Les circonstances, les échecs, les imprévus… Tout semblait venir tester ma capacité à rester calme. Et parfois, c’était pire : pour certaines situations, je ne pouvais rien faire. J’étais paralysée, bloquée dans le statu quo.
Demander la sérénité, ce n’est pas recevoir un cadeau emballé. C’est recevoir des occasions d’apprendre à être sereine. Quand on est clair sur ce qu’on veut, la vie dit toujours « OK », mais elle ne nous donne pas seulement le résultat : elle nous prépare pour ce résultat. Et cette préparation ressemble parfois à un combat.
Dans ces moments où je ne pouvais rien faire, j’ai compris que garder son calme dans la tempête n’est pas si simple.
C’est apprendre à se poser les bonnes questions : – Est-ce que j’ai un levier que je peux activer ou pas ? – Est-ce une situation que je peux influencer, ou pas du tout ?
C’est apprendre à penser différemment, à procéder différemment. C’est apprendre à accepter ce que je ne peux pas changer et qu’il est inutile de s’y épuiser. C’est agir là où j’ai du pouvoir et lâcher là où je n’en ai pas.
Dit comme ça, avec le recul, ça semble simple. Mais sur le moment, on a tendance à ne voir que la porte qui se ferme et jamais la fenêtre qui s’ouvre. C’est bien l’un des plus grands défis de l’être humain : apprendre à déplacer son regard pour voir l’ouverture là où il croyait qu’il n’y avait qu’une impasse.
Aujourd’hui, j’ai aussi appris à me recentrer. Quelle que soit la situation qui se présente à moi, la première chose à laquelle je pense, c’est : « Naomi, recentre-toi ». C’est devenu comme une alerte dans ma tête. Qu’elle soit complexe ou même apparemment simple, la situation déclenche automatiquement ce réflexe : recentrage immédiat. C’est comme un go, un top départ dans ma tête. La première chose que je fais maintenant, avant toute réaction, c’est me recentrer. C’est devenu ma base, mon point d’ancrage, avant toute décision ou action.
Il y a aussi le regard des autres. Souvent, les gens jugent sans savoir. De l’extérieur, ça a l’air simple : « il suffit de faire », « il suffit de réagir ». Comme si c’était évident. Comme si c’était nous qui étions lents, fragiles, ou « débiles ».
Mais non. Personne n’est plus « bête » qu’un autre. Personne n’a le même passé, le même mindset, la même capacité de réaction face aux épreuves.
Moi, j’ai choisi de rester dans mon calme. Mais ça n’a rien eu d’évident ni de facile. Il y a eu des nuits blanches, des crises d’angoisse, des symptômes physiques, même de l’eczéma. Chacun vit ses batailles intérieures et fait ce qu’il peut avec ses armes.
C’est ce que j’aimerais dire à ceux qui observent : Arrêtez de juger la vie des autres, parce que vous ne savez pas ce qui se passe vraiment derrière. Tout le monde mérite d’être regardé avec bienveillance, même dans ses difficultés. Parce qu’on ne connaît ni l’histoire, ni l’effort, ni la douleur derrière le visage qu’on voit.
À la fin de ce troisième trimestre 2025, je me rends compte que je ne suis plus la même. Je ne réagis plus comme avant. Mon état d’esprit a changé. Mon mindset a évolué.
Et cette évolution, c’est comme si j’avais passé une certification invisible : j’ai obtenu mon diplôme de sérénité.
La sérénité n’est pas l’absence de problème. C’est la présence de soi-même, stable, même dans le tumulte. Et aujourd’hui, je commence enfin à l’incarner.