[63] À qui donnes-tu le pouvoir de te guider ? (3)
“Si tu as lu les deux précédents billets, tu sais que pour moi, les outils ne sont ni des guides ni des maîtres. Ils accompagnent, ils ne décident pas. Mais il fallait que j’aille plus loin. Parce que ce n’est pas seulement les outils qu’on questionne. C’est aussi la manière dont certaines personnes prétendent incarner Dieu à ta place.”
Et si la Bible était un outil parmi d’autres ?
Il y a un sujet qui me fatigue, vraiment.
Cette espèce de clivage permanent entre l’Ancien et le Nouveau Testament. Comme s’il fallait choisir entre un Dieu 1.0 ou un Dieu 2.0. Comme si l’un devait effacer l’autre. Comme si l’un était “l’ancien logiciel” et l’autre “la mise à jour ultime”.
Mais moi, ça me dérange profondément. Parce que cette manière de compartimenter Dieu me semble… humaine. Trop humaine. Un texte inspiré… mais des intermédiaires humains
Je le dis clairement : oui, je crois que la Bible est inspirée.
Mais je ne perds pas de vue qu’elle a été écrite, traduite, transmise… par des hommes. Et que l’homme, par nature, interprète. Sélectionne. Filtre. Oriente.
Alors, est-ce que je remets tout en cause ? Non. Je questionne. Je cherche à comprendre. Et pour moi, ça, c’est de la foi.
La Bible n’est pas un gourou. Ce n’est pas une prison mentale. Ce n’est pas un bâton pour juger. C’est un outil. Un appui. Une clé. Un miroir parfois. Mais pas un totem figé qu’on agite pour faire taire ceux qui pensent autrement.
Je ne veux pas suivre aveuglément une autorité spirituelle. Je veux marcher consciemment avec Dieu. Le problème n’est pas l’outil, c’est ce qu’on en fait
Ce qui me dérange, ce n’est pas la Bible. C’est la manière dont certains la brandissent comme une arme. Ou comme un argument d’autorité pour se faire passer pour Dieu.
Je l’ai dit dans les articles précédents : Les outils ne sont pas des maîtres. Ils accompagnent. Ils ne décident pas à ta place.
Mais ce que je veux dénoncer ici, c’est plus large encore : C’est cette tendance à vouloir incarner Dieu à la place des autres. À parler à la place de Dieu, comme si certains avaient le monopole de l’inspiration divine.
Et c’est là que je dis stop. Tu n’as pas besoin de diplôme spirituel pour être entendu par Dieu
On se donne beaucoup de titres dans les cercles religieux. Apôtre. Docteur. Prophète. Pasteur. Mais parfois, j’ai l’impression que c’est surtout pour créer une distance. Une hiérarchie implicite : “Moi je sais, toi tu suis.”
Sauf que Dieu ne fonctionne pas comme ça. La foi est personnelle. L’appel est personnel. L’autorité spirituelle est personnelle.
Tu n’as pas besoin de “médailles célestes” pour entendre Dieu. Tu n’as pas besoin d’un lexique théologique pour qu’Il te parle. Tu es autorisé, toi aussi, à avoir des révélations. À comprendre. À douter. À chercher.
“On est tous qualifiés pour dialoguer avec Lui. Tous légitimes pour questionner, discerner, interpréter.”
Être spirituel, ce n’est pas fuir le réel
Moi, j’ai un esprit analytique. Et oui, j’ai besoin de sens. J’ai besoin de cohérence. On m’a déjà dit que j’étais comme Thomas : “Tu veux voir pour croire.” Mais pourquoi est-ce que ce serait un défaut ?
Pourquoi est-ce que réfléchir serait un signe de faiblesse spirituelle ? Pourquoi est-ce que vouloir comprendre serait un manque de foi ?
La foi, ce n’est pas obéir sans comprendre. C’est faire confiance, même en cherchant à comprendre.
Et si on arrêtait d’opposer ?
L’Ancien ou le Nouveau. La grâce ou la loi. L’Esprit ou la Parole. Les œuvres ou la foi. L’intuition ou la doctrine.
Et si on arrêtait de tout opposer ? Et si on acceptait qu’un chemin de foi pouvait être complexe, nuancé, incarné?
Je ne suis pas en train de dire que tout se vaut. Je ne suis pas en train de promouvoir un relativisme spirituel.
Je dis juste qu’on peut aimer Dieu sans se laisser enfermer dans des lectures humaines et rigides. Qu’on peut honorer l’Écriture sans idolâtrer l’interprétation. Je ne prétends pas avoir la vérité
Peut-être que certains ne se sentiront pas à l’aise en lisant ce blog. Peut-être que certains ne reviendront jamais ici. Et tu sais quoi ? C’est OK.
Je ne prétends pas détenir la vérité. Je questionne. J’ose. Je réfléchis.
Et surtout : je m’autorise à être différente. Je m’autorise à ne pas suivre le troupeau. Je m’autorise à ne pas confondre Dieu avec les structures humaines.
Parce que je crois en un Dieu vivant, Un Dieu qui parle encore, Un Dieu qui s’adapte à chacun, Un Dieu qui ne craint pas nos questions.
À méditer :
“Questionner, ce n’est pas désobéir. C’est chercher à comprendre Dieu, dans la relation, pas dans la soumission aveugle.”