Une femme, un fils, une mission

[25] 💔 À toi, mon frùre.

Tu es parti trop tĂŽt. FauchĂ© par la vie. FauchĂ© par un accident. FauchĂ© par un destin qui m’a arrachĂ© une partie de moi.

Tu n'avais que 25 ans.

Tu n’étais pas juste mon petit frĂšre. Tu Ă©tais mon fils. Mon bĂ©bĂ©. Mon binĂŽme. Mon miroir.

On était fusionnels, viscéralement liés. Il y avait entre nous ce langage sans mots, cette tendresse directe, sans détour.

On Ă©tait nĂ©s le mĂȘme mois, en septembre. Comme une signature divine. Comme si tout avait Ă©tĂ© fait pour qu’on soit connectĂ©s, du dĂ©but Ă  la fin. Un fil rouge invisible, mais solide. InaltĂ©rable.

Tu m’as transmis ta passion pour le foot — Et surtout pour le PSG, ton Ă©quipe, ton cri, ton feu. Aujourd’hui encore, chaque match me ramĂšne Ă  toi. À tes gestes. À tes rires. À ta fougue.

Être ta grande sƓur a Ă©tĂ© un cadeau, une responsabilitĂ© douce, une fiertĂ© immense.

Et puis il y a une chose
 Une promesse. Une de celles qu’on ne formule pas Ă  la lĂ©gĂšre : On s’était dit que nos enfants grandiraient ensemble. Qu’ils seraient liĂ©s, qu’on ferait tout pour qu’ils soient unis, soudĂ©s, complices.

Mais tu es parti sans avoir eu le temps d’ĂȘtre pĂšre. Et moi, je ne serai jamais Tatie. Et je ne sais mĂȘme pas si c’est une blessure ou un regret, mais ce vide-lĂ , je le ressens profondĂ©ment. C’est une part de futur qui s’est effacĂ©e, un rĂȘve que je n’arrive pas Ă  enterrer.


Depuis le collĂšge, je disais que mon premier enfant serait un garçon. Qu’il s’appellerait Giovanni. Un charmeur, clair de peau. Je l’ai dit. Je l’ai affirmĂ©. Et j’ai tenu parole.

Il est lĂ . Il est tout ce que j’avais imaginĂ©. Et je sais que tu l’aurais aimĂ©. Je sais aussi qu’il t’aurait aimĂ©, sans condition.

Je rĂȘve parfois de vous voir ensemble. De vos rires. De vos matchs. De vos blagues. Mais ce lien n’aura pas eu le temps d’exister
 dans cette vie.


Et puis il y a cette chose dont je ne parle pas souvent. Cette chose qui m’a brisĂ©e et que j’ai pourtant portĂ©e jusqu’au bout.

La chose la plus difficile que j’ai eu Ă  faire de toute ma vie, ça a Ă©tĂ© de choisir ton cercueil. D’organiser tes souvenirs. De mettre un point final Ă  ta prĂ©sence physique.

Parmi tout ce que j’ai vĂ©cu, rien n’a Ă©tĂ© plus dur. Plus brutal. Plus irrĂ©el.

Mais j’ai tenu. Parce que je voulais que ton dernier passage sur cette Terre soit Ă  la hauteur de ce que tu reprĂ©sentais pour moi.

Je voulais que ce dernier hommage soit empreint de dignitĂ©, d’amour, de respect. Et je crois que tu l’as senti. Je crois que, lĂ  oĂč tu es, tu sais.


Pour toi, je me tiens droite. Pour toi, je reste debout. Pour toi, je continue. Mais pas sans toi.

Je ne t'oublierai jamais Ezéchiel.