[48] Et si j’étais puissante, sans le savoir ? — réflexions sur une lumière que je n’arrive pas encore à voir
La semaine dernière, j’étais au culte avec mon fils. Et avec un ami.
Sur le chemin du retour, on a parlé. Beaucoup parlé. Et il m’a dit cette phrase qu’il me répète souvent, et que je n’arrive toujours pas à intégrer : « Tu as une puissance. Tu ne te rends même pas compte… »
Et ce n’est pas le seul à me l’avoir dit. Monsieur Y. me l’a dit. Mon coach sportif. D’autres aussi. Alors pourquoi moi, je ne la vois pas, cette fameuse puissance ?
Parce que je vis dedans, peut-être ?
Je crois qu’on ne voit pas ce dans quoi on baigne.
C’est comme un poisson qui ne sait pas qu’il est dans l’eau. Moi, je suis là, à gérer ma vie, mon fils TDAH, mon business, mes douleurs, mes prières… Je suis dans l’action, dans la réflexion, dans l’adaptation constante. Mais je n’ai pas le recul pour me dire : « Attends… et si tout ça, ce que tu fais, ce que tu portes, c’était déjà énorme ? »
Je vis dans un feu que je trouve normal… Alors que peut-être, c’est ça, ma puissance. Peut-être que ma force, ce n’est pas ce que je fais. C’est ce que je dégage.
Pourquoi les autres la voient ?
Parce qu’ils n’ont pas mes pensées limitantes. Parce qu’ils ne doutent pas à ma place. Parce qu’ils voient la femme qui se relève, la maman qui ne lâche pas, la croyante qui continue de croire, même quand tout semble l’inviter à douter.
Ils sentent quelque chose que je refuse d’habiter. Un genre de rayonnement que je trouve presque inconfortable. Une vibration que je ne maîtrise pas encore. Une autorité intérieure que je ne m’autorise pas.
Mais comment la voir, moi ?
C’est là que ça coince. Parce que je ne veux pas juste qu’on me dise que je suis puissante. Je veux le sentir, le voir, l’habiter.
Mais peut-être qu’il faut que je commence par l’admettre : 👉 Même quand je me sens bancale, je suis solide. 👉 Même quand je doute, je continue. 👉 Même quand je fuis, je reviens. 👉 Même quand je pleure, je me redresse.
Est-ce que ce n’est pas ça, la puissance, en vrai ?
Alors j’ai une question qui me gifle doucement l’âme :
👉 Et si le combat que je mène chaque jour n’était pas une preuve de faiblesse… mais une preuve de puissance ?
👉 Et si mes tempêtes intérieures, mes larmes la nuit, mes effondrements silencieux… n’étaient pas des failles, mais des lieux de feu sacré ?
Peut-être que ce que j’ai pris pour des fêlures… c’était en fait des portails vers ma vraie dimension.
Et toi qui lis ces lignes…
Je vais te poser les mêmes questions que je me pose, là maintenant :
Qu’est-ce que les autres voient chez toi que tu refuses encore d’accepter ?
Pourquoi leur regard t’irrite parfois ? Parce qu’il te montre une version de toi que tu ne te sens pas prête à incarner ?
Qu’est-ce que tu fais chaque jour, sans fanfare, mais qui demande un courage monumental?
Et si tu te tenais déjà droite dans une armure que tu crois encore en carton ?
Je n’ai pas encore les réponses.
Mais je sens que je suis sur le chemin. Un chemin où je vais arrêter de minimiser ce que je suis. Où je vais arrêter d’attendre de briller selon les codes des autres. Un chemin où je ne vais plus négocier avec ma lumière.
Et ce que je veux, ce n’est pas impressionner. Ce que je veux, c’est être fidèle à la force que Dieu a mise en moi, Et que je n’ose pas encore porter pleinement.
Alors je vais faire un pas. Puis un autre. Et peut-être qu’à force de marcher… je vais enfin me voir comme ils me voient. Peut-être même mieux.