[70] [Être soi suffit] Être centré sur soi, ce n’est pas être égoïste.
On vit dans un monde où donner son avis est devenu un sport de compétition. Où il faut prendre parti, dire « tu devrais faire ci », « moi à ta place je ferais ça ». Et si tu n’es pas dans cette logique-là — si tu ne te plies pas au consensus ou à l’attente implicite de la masse — alors on peut vite te coller une étiquette : égoïste, égocentrique, fermé d’esprit.
Mais si c’était l’inverse ?
Si être centré sur soi, profondément, avec justesse, était justement un acte de paix intérieure ? Pas pour exclure l’autre. Mais pour ne pas s’oublier dans le regard des autres.
Moi je parle depuis ma vision. Et j’en ai conscience. Mais cette vision, elle vient d’un cheminement. D’un vécu. De mes blessures. De mes prises de conscience. Alors oui, elle est teintée de mon prisme. Mais ce n’est pas parce que je m’exprime avec clarté que j’impose une vérité universelle.
La nuance est fine, mais elle est essentielle.
👉 Le problème ne vient pas de ceux qui parlent avec assurance. Le problème, c’est quand on confond « avoir un point de vue » avec « imposer une vérité. »
Et c’est aussi quand on confond le centrage avec le repli.
Je suis centrée sur moi, oui. Mais ça ne veut pas dire que je suis fermée au monde. Ça veut dire que je pars de mon propre alignement pour interagir avec les autres.
Et si on faisait une pause là-dessus ?
On est tous en train de faire de notre mieux. Tous. On se bat chacun avec ce qu’on a, avec nos cicatrices, nos doutes, nos ambitions, notre foi.
Alors pourquoi passer notre temps à juger les trajectoires qui ne nous ressemblent pas ? Pourquoi penser que parce qu’on ferait différemment, l’autre a forcément tort ? Pourquoi cette arrogance masquée sous des conseils déguisés en bienveillance ? Pourquoi ce besoin de vouloir faire entrer les gens dans notre moule de pensée ?
Je dis stop.
Je crois qu’il est temps qu’on respecte davantage les processus intérieurs. Qu’on apprenne à écouter sans corriger. À accueillir sans projeter. À questionner sans accuser.
Se centrer sur soi, ce n’est pas ignorer les autres.
C’est choisir consciemment ce qu’on laisse entrer ou pas dans notre espace intérieur.
Et c’est une hygiène mentale. Un filtre. Un ancrage. Une protection.
Pas une prison.
Alors si tu lis ces lignes et que tu te sens parfois incompris·e, mal jugé·e, voire taxé·e d’être “trop dans ta bulle”… Souviens-toi de ça :
Tu as le droit de te recentrer. Tu as le droit de filtrer. Tu as le droit de dire « non merci » sans te justifier.
Ce monde a besoin de personnes ancrées et conscientes, pas d’opinions à la chaîne sur tout et tout le monde.
Et parfois, la chose la plus révolutionnaire que tu puisses faire, c’est rester fidèle à toi-même, même si ça dérange.