[60] LÂCHER PRISE : QUAND LE CORPS PARLE ET QUE L’ÂME VEUT RESPIRER
Aujourd’hui, j’ai eu mal à la tête. Pas un petit mal diffus. Une vraie migraine. Une oppression. Comme si mon corps criait ce que ma bouche n’arrivait plus à dire : “Stop. Naomi, stop. Lâche.”
Je me sentais lourde. Triste. Fatiguée. Et puis quelqu’un m’a posé une question toute simple, presque innocente :
“Pourquoi tu es toujours triste ?”
Mais cette question… elle m’a heurtée. Parce qu’elle sonnait comme un miroir. Et peut-être aussi, parce qu’elle n’était pas si loin de la vérité.
Je ne suis pas “toujours” triste. Mais je porte. Je contrôle. Je veille. Et je suis en lutte. Une lutte mentale constante.
👧🏽 Depuis toute petite, je me bats.
Pas avec les poings. Pas avec des cris. Je me bats dans ma tête, dans mon corps, dans mes silences.
Je viens d’un contexte familial où les adultes étaient instables, absents émotionnellement, parfois défaillants. Et j’ai grandi avec une idée collée à la peau :
"Si je ne tiens pas, tout va s’effondrer."
Alors j’ai tenu. Pour eux. Pour moi. Pour la survie du navire. J’ai appris à lire les visages, deviner les humeurs, anticiper les besoins. J’ai pris des responsabilités qui n’étaient pas les miennes. Et j’ai développé une armure : la force.
La forte. Toujours.
Celle qui gère. Qui avance. Qui maîtrise. Mais la vérité ? C’est que cette force est devenue une prison. Et que lâcher prise aujourd’hui, ça me fait peur. Parce que dans ma tête, ça veut dire :
Perdre ce que j’ai mis toute une vie à tenir. Trahir l’enfant que j’ai été. Baisser la garde et risquer de souffrir à nouveau.
Mais mon corps, lui… Il n’en peut plus.
Il me dit :
“Tu n’as plus besoin de prouver ta valeur en luttant. Tu peux exister autrement. Tu peux respirer.”
La vie n’est pas un combat permanent.
Elle est une courbe. Une onde. Une respiration. Elle a des hauts, des bas. Des creux, des sommets. Et le jour où elle sera linéaire, c’est que je ne serai plus de ce monde.
Alors aujourd’hui, je choisis ça :
Je choisis d’arrêter de lutter contre ce que je ne maîtrise pas.
Je choisis de pleurer si ça me libère.
Je choisis de déposer. Même un peu. Même un soir.
Parce que je ne veux plus survivre. Je veux vivre. Et si pour vivre, il faut lâcher… Alors je lâche. Doucement. Mais sûrement.
Et toi qui me lis, dis-moi :
Et si lâcher prise, ce n’était pas perdre… mais enfin te retrouver ?