[139] Et si la roue de la vie était incomplète ?
Pendant longtemps, faire ma roue de la vie me fatiguait.
Pas parce que je refusais de voir la réalité. Pas parce que je voulais me mentir. Mais parce qu’il y avait quelque chose qui sonnait faux.
Je me retrouvais face à cette consigne simple :
“Note chaque domaine de ta vie sur 10.”
Alors je regardais certains aspects de ma vie (mes finances, ma santé, mon activité, ma vie personnelle) et je savais que, techniquement, je devais mettre 4, 5 ou 6.
Sauf qu’intérieurement… ce n’était pas vrai.
Parce qu’au fond de moi, je savais déjà énormément de choses. J’avais déjà travaillé certaines blessures. J’avais déjà évolué. J’avais déjà changé de regard. J’avais déjà déconstruit des croyances. J’avais déjà grandi.
Et pourtant, ma réalité extérieure n’avait pas encore totalement suivi.
La roue de la vie classique mesure surtout ce qui est visible. Mais elle ne mesure pas toujours qui tu es déjà devenue intérieurement.
Et cette distinction change tout.
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Le problème avec la roue de la vie classique
La roue de la vie est un excellent outil. Elle permet de prendre du recul, de faire un état des lieux, de voir les déséquilibres.
Mais utilisée seule, elle peut aussi devenir extrêmement frustrante.
Pourquoi ?
Parce qu’elle mélange souvent plusieurs choses :
- la réalité actuelle,
- le niveau de conscience,
- la maturité émotionnelle,
- l’identité,
- l’avancement intérieur,
- et les résultats visibles.
Or, ces éléments n’évoluent pas toujours au même rythme.
Tu peux avoir :
- une conscience très élevée sur un sujet,
- une vraie transformation intérieure,
- une vision claire,
- un énorme travail personnel déjà fait…
…sans que cela soit encore totalement matérialisé dans ta vie.
Et quand on réduit tout ça à une simple note sur 10, on finit parfois par avoir l’impression d’échouer alors qu’en réalité, on est simplement en transition.
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Ce qui m’a libérée : créer une double roue
Un jour, j’ai arrêté de faire une seule roue.
J’en ai créé deux.
Ou plus exactement : deux tracés sur la même roue.
Le premier tracé représente :
ma réalité actuelle
C’est le concret. Le visible. Les résultats mesurables aujourd’hui.
Le deuxième représente :
mon niveau interne
C’est-à-dire :
- ce que j’ai déjà compris,
- intégré,
- conscientisé,
- travaillé,
- dépassé,
- appris,
- développé intérieurement.
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Parce qu’un 5 extérieur ne veut pas toujours dire un 5 intérieur
Prenons un exemple simple.
Imaginons une personne qui note :
- ses finances à 4/10.
Dans une lecture classique, la conclusion pourrait être :
“Je suis en difficulté financière.”
Ce qui est peut-être vrai factuellement.
Mais avec une lecture plus profonde, on peut découvrir autre chose :
- elle a déjà transformé son rapport à l’argent,
- elle sait gérer,
- elle comprend les mécanismes,
- elle a une vision,
- elle a gagné en maturité,
- elle n’est plus dans les mêmes schémas qu’avant.
Autrement dit :
- sa réalité actuelle est à 4,
- mais son niveau interne est peut-être déjà à 8.
Et cette nuance est essentielle.
Parce qu’on ne travaille pas de la même manière :
- quelqu’un qui ne sait pas,
- et quelqu’un qui sait déjà mais qui n’a pas encore matérialisé.
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L’écart n’est pas forcément un problème
C’est probablement la partie la plus importante.
Pendant longtemps, j’ai cru que les écarts étaient mauvais.
Aujourd’hui, je pense exactement l’inverse.
Un écart peut simplement signifier :
- qu’une transition est en cours,
- que l’identité a changé avant les résultats,
- que la réalité est en train de rattraper l’évolution intérieure.
Et honnêtement, c’est souvent comme ça que les vraies transformations se passent.
On change d’abord intérieurement. Puis la vie extérieure finit par suivre.
Pas immédiatement. Pas parfaitement. Mais progressivement.
Parfois, ta vie n’est pas en retard. Elle est simplement en train de rattraper la personne que tu es déjà devenue.
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Cette méthode m’a aussi aidée à moins procrastiner
Et ça, je ne m’y attendais pas.
Parce qu’en distinguant :
- le niveau interne,
- de la réalité actuelle,
…j’ai commencé à identifier les vrais blocages.
Par exemple :
Avant, je pouvais me dire :
“Je ne suis pas disciplinée.”
Alors qu’en réalité :
- j’avais déjà la vision,
- les connaissances,
- les outils,
- la compréhension,
- la stratégie.
Le vrai problème n’était pas un manque de capacité.
C’était :
- un manque de structure,
- de régularité,
- d’exécution,
- ou parfois simplement de temps.
Et ça change tout.
Parce qu’on passe :
- de la culpabilité,
- à la lucidité.
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Attention : comprendre n’est pas toujours incarner
Évidemment, cette approche demande aussi de l’honnêteté.
Parce qu’il existe une différence entre :
- avoir compris quelque chose,
- et l’avoir réellement intégré.
Consommer du contenu, lire des livres ou écouter des podcasts ne signifie pas automatiquement qu’une transformation est incarnée.
C’est une nuance importante.
Mais justement, cette double roue permet aussi de voir ça plus clairement.
Elle oblige à se poser de vraies questions :
- Est-ce que je sais ?
- Est-ce que je pratique ?
- Est-ce que j’incarne ?
- Est-ce que j’agis ?
- Est-ce que ma réalité peut réellement soutenir ce niveau intérieur ?
Et là, on quitte le développement personnel “théorique”.
On entre dans quelque chose de beaucoup plus concret.
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Aujourd’hui, je ne cherche plus une roue parfaite
Je cherche une roue honnête.
Une roue qui respecte :
- la complexité humaine,
- les phases de transition,
- les évolutions invisibles,
- et le temps parfois nécessaire entre conscience et matérialisation.
Parce que tout progrès n’est pas immédiatement visible.
Certaines transformations commencent dans le silence :
- dans une décision,
- une prise de conscience,
- une nouvelle manière de penser,
- une limite qu’on pose,
- une croyance qu’on abandonne,
- une identité qu’on reconstruit.
Et même si la réalité extérieure n’a pas encore complètement changé…
cela ne veut pas dire que rien ne bouge.
Au contraire.