[59] “Zapper ne veut pas dire trahir”
Je suis une personne entière. Fidèle en amour. Fidèle en amitié. La preuve ? Ça fait plus de trente ans que Leïla, ma chabine dorée, fait partie de ma vie. Et ça, dans ma tête, c’est l’équivalent d’un bail notarié.
Mais voilà. Être fidèle ne veut pas dire s’accrocher à ce qui ne vibre plus.
Il y a des relations qui nous accompagnent pendant une saison. D’autres pendant plusieurs. Et certaines durent toute une vie.
Moi, je ne m’accroche pas à la durée. Je m’accroche à l’énergie. À ce qui circule.
Quand le lien se délite, que les silences deviennent pesants, que l’intérêt est à sens unique, ou pire : forcé... Je zappe.
Pas avec violence. Pas avec aigreur. Je laisse couler. Je laisse partir.
Parce que j’ai compris un truc essentiel : chaque être humain est en voyage. Et on ne fait pas forcément tout le trajet ensemble.
Parfois, il faut juste aimer les kilomètres qu’on a parcourus ensemble, et accepter que les routes se séparent.
Et crois-moi, ça n’a rien à voir avec une instabilité ou une inconstance. Ça s’appelle l’honnêteté émotionnelle.
J’ai assez de loyauté pour aimer fort. Et assez de lucidité pour ne pas m’accrocher à ce qui est fini.
Zapper, ce n’est pas trahir. C’est reconnaître qu’un cycle est clos. C’est honorer le passé sans se forcer à le prolonger.
Et puis… soyons honnêtes : Je peux mettre du temps à zapper. Je peux donner plusieurs chances. Mais une fois que c’est fait… c’est fait. Je ne m’explique pas, je ne dramatise pas, je ne fais pas de scène. Je me retire. En silence.
Et je continue mon chemin.
Avec gratitude pour ce qui a été. Avec paix pour ce qui ne sera plus.
Bref. J’ai zappé. Pas parce que je ne t’ai pas aimé. Mais parce que je me suis choisie.